Habiter, l’espace d’une ligne

Maison Atelier

Je veille depuis l’enfance sur la Nature et porte un regard singulier sur la ligne qui sépare ciel et terre interrogeant la palette que nous partagions mon père et moi dans l’atelier estival de notre maison de campagne. C’B / À mon père 2015.

PORTRAIT-CHANTAL-BARLIER

La relation que j’entretiens avec la ligne d’horizon est une connivence intuitive du regard avec le motif. Voir cherche en amont de l’œil la trame qui construit le paysage.

Le lointain inscrit sa propre mythologie et le trait d’encre voyage au confluent de l’Orient et de l’Occident en quête d’un lieu utopique de fusion qui exalte un quelque chose émanant de l’immensité. Le pinceau cherche la verticale dans l’immédiateté du corps, à l’affut des sens et des émotions.

Fascinée par l’énigme muette des cavernes, je crée une iconographie intime et sacrée. L’encre noire est le médium sobre qui répond au défi de percevoir l’essence des choses. Je dessine l’alphabet du corps, des signes où chaque support esquissé aussi fragile soit-il, est surgissement cosmique, éphémère perception d’une fragilité qui éclaire l’invisible.

Figées dans la solitude les choses me regardent, à hauteur de l’enfant dont la présence fragile s’égare. La vie ne sera jamais plus la même, hier est un pli qui découd le même repli du jour. C’B / L’icône bleue 2015.